4. Les atouts du concours de maîtrise d’œuvre au service de la qualité architecturale

4. Les atouts du concours de maîtrise d’œuvre au service de la qualité architecturale

 

 

Sur commande conjointe de la MIQCP et de la direction de l'architecture du ministère de la Culture, le laboratoire Espaces de travail LET-LAVUE (Élise Macaire et Jodelle Zetlaoui Léger) a effectué en 2017 une recherche portant sur l'analyse approfondie de dix ans de pratiques des concours d'architecture en France de 2006 à 2015.

 

Une synthèse des enseignements de cette recherche a été publiée en 2019 dans Les cahiers de la recherche architecturale, urbaine et paysagère.

 

Les acteurs mobilisés à l'occasion de l'organisation d'un concours de maîtrise d'œuvre mettent souvent en avant que les concours :

 

  • créent une émulation des équipes de maîtrise d’œuvre, favorisent l’innovation et permettent le choix d’un projet par rapport à plusieurs propositions qui répondent au même programme,
  • ouvrent l'accession à la commande, y compris pour des équipes peu expérimentées mais talentueuses,
  • assurent, pour chaque compétition, la transparence et la crédibilité du processus de sélection du projet et de l’équipe de maitrise d’œuvre et ainsi légitiment et sécurisent les prises de décision des maîtres d’ouvrages publics,
  • permettent le débat sur la qualité architecturale au sein du jury en présence de professionnels qui aident à décrypter le projet et éclairent le maitre d’ouvrage dans ses choix, garantie supplémentaire de réussite pour l’opération,
  • autorisent, ultérieurement, l'enrichissement du projet dans les phases de conception, en tenant compte des observations du jury et du dialogue avec le maître d’ouvrage et les futurs usagers,
  • mobilisent une diversité d'acteurs et de l'attention autour d'un projet. Cette dynamique facilite l'adhésion locale et par voie de conséquence accélère les procédures de délivrance des autorisations administratives, tout particulièrement celle du permis de construire. Elle contribue à donner une certaine portée au projet qui peut constituer une référence pour de futures réalisations et favorise ainsi la diffusion du savoir, notamment dans le domaine du logement,
  • font progresser, lorsque la diffusion des résultats est correctement assurée par les maîtres d’ouvrage, le jugement porté sur l’architecture en tant qu’art destiné à des valeurs d’usage,
  • ont permis, surtout par la loi MOP sur laquelle ils s’appuient, une meilleure organisation de la maîtrise d’ouvrage dans la formulation de la commande. La réalisation d’études de programmation est devenue régulière pour la plupart des maîtres d’ouvrages organisant un concours, ce qui n’était pas toujours le cas au moment où la loi sur la maîtrise d’ouvrage publique a été promulguée.

 

L'étude précise cependant que ce panorama des atouts des concours ne doit pas néanmoins occulter les limites qui ont pu être identifiées depuis leur généralisation dans la commande publique d’architecture : coûts et délais jugés parfois trop importants par les maîtres d’ouvrage, difficulté pour les jeunes équipes d’arriver à accéder à la phase de sélection des candidats, risque de surenchère dans la demande par les maîtres d’ouvrage de production de prestations, prédominance de l’attrait des images à la faveur du développement des outils numériques, impossibilité de procéder à des échanges avec les équipes de conception pendant le jugement des projets en raison de l’obligation de l’anonymat.

 

 

A suivre 5. Quand le concours de maîtrise d’œuvre est-il obligatoire ?